S'il est vrai
qu'à partir de 25 ans les microphones que sont nos
oreilles perdent progressivement de leurs performances dans
l'aigu, le reste de l'affirmation est entièrement
faux, pour 3 raisons :
- 1 -
Les tests auditifs (médicaux) sont
réalisés avec des signaux sinusoïdaux
(fréquences pures) ou vobulés (avec
légère variation de fréquences autour
du signal de test). Or si nous détectons avec une
certaine difficulté des signaux purs de
fréquences élevées, notre
système auditif est très sensible aux
aiguës présentes dans un signal complexe, comme
un bruit, une attaque ou un signal musical. Il suffit pour
s'en convaincre d'atténuer par un filtre les
fréquences supérieures à 14 ou 15 KHz
et de comparer ce signal tronqué à l'original
non filtré.
- 2 -
Il faut distinguer, dans notre système auditif, nos
oreilles qui captent les sons à l'image de
microphones, de notre cerveau qui analyse et opère la
synthèse des signaux transmis par les oreilles. Or,
notre cerveau ne voit pas ses performances décliner
au fil des ans. Au contraire, son pouvoir d'analyse et de
synthèse s'affine avec l'âge, au point de
compenser au moins partiellement les pertes
"mécaniques" de nos oreilles (dues à une perte
de souplesse). D'ailleurs, les sons musicaux les plus
complexes, ceux d'un orchestre symphonique, procurent un
plaisir auditif à un public d'âge plus
avancé que la musique de variétés:
l'orchestre de 50 ou 100 musiciens fait appel a un acquis
musical (une connaissance, une fréquentation et une
culture) que peu de jeunes gens possèdent à
l'égal de leurs aînés. Cela montre que
cet acquis (software) supplante d'une certaine
manière les pertes auditives des
oreilles (hardware).
- 3 -
Le spectre sonore (20 à 20'000 Hz) peut être
grossièrement représenté par 3 zones:
le grave (20 à 500 Hz), le médium (500
à 4'000Hz) et l'aigu (4'000 à 20'000 Hz). Or,
accident physique mis à part, les pertes auditives
ont lieu au-dessus de 10'000Hz, c'est-à-dire dans la
dernière octave, appelée aussi
extrême-aigu, qui procure certes une clarté et
surtout un espace sonore à la musique. Cependant, le
médium est responsable de l'intelligibilité,
essentielle au message comme à l'émotion qu'il
peut susciter. Et le grave fournit l'assise et
l'épaisseur instrumentale.
Un piètre système hi-fi peut très bien
"monter en fréquences", mais il n'est pas capable de
reproduire le médium proprement et le grave sans
lourdeurs, ni de respecter le relief sonore: il en
résulte un son confus que les "aînés"
comme les "jeunes" distinguent sans peine d'une reproduction
musicale propre et aérée, infiniment plus
agréable pour tous !