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Le LECTRON JH 30 et ses particularités technologiques:

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D'une grande simplicité, ses circuits recèlent beaucoup d'originalités:
nombre d'étages réduits à l'extrême, très faible contre-réaction,
alimentations et transformateurs de sorties surdimensionnés,
construction mécanique amagnétique,
choix très soigné des composants et absence de gadgets.

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Alors que tout amplificateur traditionnel requiert facilement 7 étages pour juguler les problèmes d'impédances, de gain en tension, de compensation de distorsion, de contre-réactions et d'amplification de puissance,
le LECTRON JH 30 n'en compte que 2:
l'étage d'entrée et celui de puissance.

Pourtant tous les concepteurs s'accordent à reconnaître aujourd'hui qu'une électronique simple, limitée en nombre d'étages et faiblement contre-réactionnée présente des atouts indéniables en termes de transparence sonore. Malgré cela, les schémas traditionnels, issus de l'ère du microsillon, continuent à faire la loi dans la majorité des électroniques audio. Mais il est vrai que faire simple n'est pas aussi facile qu'il pourrait y paraître, si l'on veut satisfaire la multitude de critères qui régissent l'amplification, tels que bande passante, distorsion de toutes formes, phase, bruit de fond, stabilité...

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Pour son premier étage, le JH 30 a recours à des transistors à effet de champ (FET), montés en cascode différentiel avec des transistors bipolaires, alimentés par une tension de +- 86V, très élevée pour des semiconducteurs. En cela, on retrouve l'esprit du tube et les avantages évidents qui en découlent en termes de dynamique. Cet étage, qui présente un grand gain en tension, fait également office de déphaseur pour attaquer les 4 tubes en push-pull. Cette conception aussi originale qu'astucieuse permet d'obtenir une courbe globale de distorsion douce, progressivement croissante et identique à toutes les fréquences. L'incidence sur la qualité d'écoute est indéniable, particulièrement en matière de véracité des timbres. Mais seul le recours à une association hybride autorise une telle optimisation. Les FET sont réunis par paires associées dans un même boîtier, offrant ainsi une excellente symétrie du déphaseur jusque bien au-delà de 20 KHz. L'alimentation des 2 étages d'entrées (gauche et droit) s'effectue par 4 régulations de type ballast implantées directement sur le circuit pour limiter les pertes résistives et offrir une excellente réponse transitoire et une diaphonie très réduite.

L'étage de puissance est constitué de 4 tubes EL 84 (par canal), montés en double push-pull. Le choix de ce tube pentode (à 5 électrodes) s'impose pleinement au vu de son coût raisonnable, de sa grande robustesse, de sa disponibilité élevée, et de ses qualités musicales offrant une distorsion d'ordre impair réduite (comme les triodes). La polarisation automatique est ici séparée pour chaque tube, afin de limiter les interactions entre les 2 parties du push-pull en régime dynamique. Cette configuration d'un étage de sortie aux apparences conventionnelles repose sur le choix d'un circuit d'entrée (à FET) très performant d'une part, et d'un transformateur de sortie hors pair d'autre part: le leader mondial en la matière, la société britannique PARTRIDGE, réalise, sur spécifications propres, cet élément essentiel capable de transférer sans problèmes 80 W vers les haut-parleurs. Commun aux modèles LECTRON JH 30 et JH 60, il est donc ici particulièrement surdimensionné et apporte sans doute une contribution significative aux grandes qualités d'écoute de l'appareil.

Le transformateur d'alimentation est lui aussi impressionnant. Son incidence est bien considérée afin de tirer le meilleur parti des raffinements du schéma. Les trois transformateurs (1 d'alimentation et 2 de sortie) montés sur la partie arrière sont recouverts d'un capot en acier inox amagnétique, alors que le châssis, réalisé en aluminium de 3 mm, donc également insensible aux champs magnétiques, est un modèle d'usinage. Le circuit imprimé de modulation est conçu dans un esprit audiophile : pistes larges et courtes, symétrisation des 2 canaux, pistes de masse judicieusement dessinées pour référencer au mieux les régulateurs des circuits d'entrée.
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Les possibilités de raccordements du JH 30 comblent la majorité des applications: 4 entrées ligne, + 1 entrée et 1 sortie tape, toutes en prises cinch plaquées or 24 carats. Seule une platine microsillon demande une entrée phono séparée : par exemple LECTRON MC 30 pour cellule MM et MC haut-de-gamme (alimentée directement par une prise adéquate en +- 100V au dos du JH 30), ou ROTEL RQ 970 BX, ou encore QED DS1. Les bornes de sorties permettent de sélectionner des impédances de 4 ou 8 ohms, suivant la charge des enceintes acoustiques.
En face avant, on trouve le sélecteur d'entrée à 4 positions, le sélecteur tape à 3 positions (dont une pour déconnecter complètement le cassettophone en entrée et sortie, afin d'éviter la non-linéarité de "l'effet diode" lorsque celui-ci est hors tension), 2 atténuateurs à plots (gauche et droit) évitant le potentiomètre de balance qui s'oxyde trop vite parce que peu souvent manipulé, le réglage de volume d'écoute et enfin l'interrupteur secteur. Ici également, absence de gadgets.
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Les performances mesurables du JH 30 ne sont qu'un reflet partiel des qualités d'écoute globale. D'une puissance de 26 à 30 Watts par canal, suivant la tension secteur, cet amplificateur présente un taux de contre-réaction extrêmement faible de 8 dB, et un temps de montée de 4 msec seulement. La forme de la réponse en signal carré à 20 KHz atteste d'une remarquable linéarité jusqu'à 100 KHz des circuits et du transformateur de sortie. Sur ce point, le JH 30 n'a rien à envier aux meilleurs amplificateurs à transistors avec, de surcroît, l'apport indéniable de l'interface ampli-enceinte que constitue le transformateur de sortie.

La distorsion est basse compte tenu d'un étage de sortie à tubes faiblement contre-réactionné. Mais, ce qui est remarquable est la forme de la distorsion en fonction de la puissance et de la fréquence: elle est douce et régulièrement montante avec le niveau. Enfin le rapport signal/bruit, supérieur à 85 dBA, est à mettre en regard de la très haute sensibilité d'entrée de 140 mV, comme du faible taux de contre-réaction.

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l'intégration dans un système
Exemples d'installations
haute-fidélité

Le chassis amagnétique du JH 30
en aluminium de 3mm,
maintenant fabriqué en Suisse.
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