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LECTRON JH 60
: Le retour du tube
électronique dans l'audio milieu et haut-de-gamme
constitue un phénomène technologique sans
précédent : depuis l'avènement du
numérique, il ne cesse d'envahir les expositions du
monde entier, au point d'être aujourd'hui pratiquement
à égalité avec la présence du
semi-conducteur! Mais pourquoi donc certains appareils
à tubes surpassent-ils ainsi tous leurs concurrents
à transistors ?
pourquoi tant de magie dans la musique ?
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Avant de décrire
l'amplificateur LECTRON JH 60 dans le détail, il
semble impératif d'expliquer les avantages
technologiques incontestables des circuits
électroniques à tubes
d'aujourd'hui. Pour la même tension
d'entrée et la même puissance de sortie, un
montage à tubes travaille sous des tensions
d'alimentation 10 à 20 fois supérieures
à celles d'un montage transistorisé.
C'est-à-dire sous des courants 10 à 20 fois
inférieurs! Les variations dynamiques de modulation
musicale seront infiniment plus aisées à
respecter, avec les écarts de tension relativement
élevés et les demandes en courant
raisonnables, requis par un montage à tubes. Les
exigences en courant déraisonnables d'un gros circuit
à transistors posent des problèmes
réels à l'alimentation de l'appareil, ainsi
qu'aux pistes du circuit imprimé dont
l'épaisseur est toujours trop faible (quelques
dizaines de microns, pour plusieurs ampères
!). Par analogie, on constate
que le transport d'énergie électrique dans le
monde entier se fait sous haute tension, afin de limiter la
quantité de courant véhiculé: les
pertes sont plus faibles et les variations rapides de
demande d'énergie sont satisfaites plus
instantanément. C'est seulement près du
consommateur que l'on implante un transformateur, pour
abaisser la tension et augmenter le courant, afin d'adapter
l'impédance de source aux appareils utilisateurs.
C'est en quelque sorte le transformateur de sortie du
fournisseur d'énergie électrique.
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Un relief musical
beaucoup plus proche de la réalité
instrumentale La métaphore qui
précède permet de comprendre aussi pour quelle
raison un watt à tube semble physiologiquement
beaucoup plus élevé qu'un watt à
transistor : les grandes variations d'énergie
dynamique étant beaucoup plus franches sous haute
tension et faible courant, le relief musical restitué
est beaucoup plus proche de la réalité
instrumentale. Quant à ce fameux
transformateur de sortie, qui dérange souvent
les électroniciens traditionnels à cause de sa
complexité et de son prix, il faut se rapprocher de
la physique dynamique pour comprendre à
l'évidence qu'il apporte beaucoup plus d'avantages
que d'inconvénients. Lorsque l'on prend en compte
tous les phénomènes de
non-linéarité liés à un
haut-parleur, on s'aperçoit que son impédance
complexe en fonction de la fréquence (module, phase,
énergie contre-électromotrice...) n'a plus
rien de commun avec une résistance. Or, un circuit
avec transformateur de sortie se comporte d'un
manière infiniment plus stable, par rapport à
l'impédance de charge, qu'un circuit à
transistor en sortie directe, avec lequel on doit se
contenter généralement d'appliquer des tests
de mesures sur charge résistive. Les 2
inconvénients majeurs qu'il faut bien accorder au
transformateur de sortie sont leur prix et leur
difficulté de fabrication, l'un étant
évidemment lié à l'autre.
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La stabilisation de
l'alimentation des amplificateurs à tubes est
également plus facile à maîtriser (forte
tension et faible courant) que dans les circuits à
transistors. Cependant, dans les deux cas, l'emploi d'un
transformateur d'alimentation surdimensionné et bien
construit, ainsi que l'usage de condensateurs de grande
qualité, auront une influence directe sur la mesure
dynamique et sur l'écoute. Si l'on compare un tube
dans un circuit élémentaire sans
contre-réaction, à un transistor dans les
mêmes conditions, on découvre dans le tube
un niveau de distorsion nettement plus faible, et
bien moins sensible à une charge réelle,
variable et complexe. Dans les circuits à
transistors, ce sont les boucles de contre-réaction
multiples et autres artifices anti-distorsion qui permettent
d'atteindre, sur charge résistive uniquement, des
taux pratiquement non mesurables. Sur charge réelle,
il en va tout autrement: les circuits à transistors,
particulièrement ceux sans transformateur de sortie,
révèlent alors des taux de distorsion
très sensibles aux courants demandés, à
la fréquence considérée, ainsi qu'aux
forces contre-électromotrices en retour depuis les
haut-parleurs.
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Les 2 diagrammes ci-dessus
explicitent les différences fondamentales existantes
entre une résistance théorique pure (par
exemple 4 ohms) et la charge réelle d'une enceinte
acoustique, qui est réactive et variable en
fréquence. Quant au choix du type de
tube, il faut remarquer que si le tube triode (à 3
électrodes) est très musical, il est trop
limité par son courant d'anode, donc par sa
capacité en puissance dans la majorité des cas
réels, correspondants à des enceintes d'une
efficacité de 89 à 94 dB/Wm (décibels
pour 1 Watt à 1 mètre). Les tubes penthodes,
à 5 électrodes, beaucoup plus puissants,
représentent le choix idéal pour un
amplificateur de 30W ou plus. Il est sans doute utile de
rappeler ici que plus le rendement d'un haut-parleur est
élevé, plus son volume doit être grand
pour restituer correctement les graves. Mais plus son
rendement est faible, plus la puissance de son amplificateur
doit être élevée. Ainsi, pour un niveau
sonore donné et une réponse en
fréquence équivalente: si 20 W suffisent
à une enceinte de 92 dB/Wm d'un volume de 70 litres,
il faut 200 W à celle de 82 dB/Wm d'un volume de
moins de 10 litres, et 2 W pour alimenter celle de 102 dB/Wm
mais d'un volume d'au moins 600 litres. Enfin, le point de
fonctionnement, que l'on désigne aussi par classe A
ou AB, appelle les mêmes remarques que
précédemment: en classe A, la puissance de 2
EL 34 se limite à 16W. Par contre, elle peut
atteindre 50W en classe AB optimisée, de sorte que
les petits signaux sont traités en classe A
jusqu'à 12W.
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LECTRON JH 60
et ses particularités technologiques:
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L'originalité majeure du JH 60, mis à part l'exceptionnelle qualité de ses composants, réside dans le nombre limité à l'extrême des 2 seuls étages qui le composent. Dans les solutions habituelles, 4 étages distincts sont requis pour assurer les fonctions d'entrée, de déphaseur, de driver et d'étage final de puissance. Le JH 50 présentait déjà la particularité de n'en posséder que 3, puisque l'étage déphaseur-driver était assuré par un tube 6SN7. La réduction du nombre d'étages va à l'évidence vers une plus grande transparence sonore. Mais les problèmes de gain, de résistance de charge d'un étage sur l'autre et les phénomènes de capacités parasites reportées placent l'usage du tube d'entrée-déphaseur-driver en un seul étage dans une impasse. La nouvelle génération d'amplificateurs hybrides LECTRON s'affranchit de ces inconvénients par l'adoption d'une configuration aussi originale que simple et performante, appliquée déjà avec succès sur l'intégré JH 30: ce premier étage à triple fonction est réalisé par des transistors à effet de champ et bipolaires, sous une tension élevée. |
Pour son premier
étage,
l'amplificateur de puissance JH 60
est donc une synthèse des modèles LECTRON JH
50 et JH 30: du premier, il reprend l'étage final
avec 2 EL 34 par canal, ainsi qu'un certain nombre
d'éléments communs à tout amplificateur
LECTRON: les fabuleux transformateurs de sortie Partridge,
une alimentation avec transformateur largement
surdimensionné et filtrage en 3 pôles avec self
de valeur élevée à noyau
magnétique, le montage des tubes sur contre-platine
suspendue pour éviter tout risque d'effet
microphonique, châssis et contre-platine en aluminium
ainsi que capots en acier inox, tous
amagnétiques. Du 2ème et du
3ème à la fois, il reprend la
géométrie générale des circuits
faisant de cet amplificateur l'un des seuls a ne
posséder que 2 étages, et dont celui
d'entrée est réalisé par une
combinaison de transistors à effet de champ et
bipolaires, montés en circuit cascode
différentiel à gain élevé (43
dB), très performant et faisant office d'étage
d'entrée-déphaseur-driver. Ce circuit
très original travaille sous une tension
élevée, symétrique et stabilisée
de + et - 140 V, permettant de fournir à
l'étage de puissance des signaux parfaitement
déphasés, de grande amplitude (plus de 50
Veff) avec une forme d'écrêtage douce et
symétrique. Enfin,
spécifiquement du 3ème, il adopte d'une part
un nouveau type d'alimentation stabilisée à
360V pour les grilles-écrans évitant toute
fluctuation des points de fonctionnement des tubes, et
d'autre part le filtrage du 3ème pôle de
l'alimentation principale (des anodes) par 2 condensateurs
au polypropylène de 100uF/630V chacuns. Conçus
spécialement pour LECTRON, ils autorisent des
courants pouvant dépasser 20A à 20KHz! Ils
remplacent ici les traditionnels condensateurs
électrochimiques, dont les inconvénients
évidents sont une fiabilité limitée
(durée de vie plus courte que celle d'un tube bien
utilisé, et remplacement moins aisé!), un
effet de mémoire parfaitement audible lié
principalement à la résistance parasite
série des armatures, des capacités en courant
trop limitées aux fréquences
élevées, ainsi que des courants de fuite non
négligeables. La distorsion est basse
compte tenu d'un étage de sortie à tubes
faiblement contre-réactionné. Mais, ce qui est
remarquable, est la forme de la distorsion en fonction de la
puissance et de la fréquence: elle est douce et
régulièrement montante avec le
niveau.
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...et ses
évolutions franco-suisses Le JH 60, produit phare de
LECTRON, a été l'objet de nombreuses
études à Aubonne: au plan de l'écoute,
des mesures, de la fiabilité, des méthodes de
fabrication et de contrôle. La première
évolution engendrée par la nouvelle
collaboration franco-suisse le concerne donc
précisément et peut se résumer en 2
points essentiels: - Les nouveaux socles de
tubes de fabrication suisse, permettent, grâce
à 2 pièces en double-lyre, d'assurer un
contact parfait avec les broches de tubes. Ce changement,
beaucoup plus significatif qu'il n'y paraît au premier
abord, implique une amélioration d'écoute et
une plus grande longévité des
tubes. - L'enclenchement de
l'appareil se fait maintenant par une rampe de tension au
primaire du transformateur. Les à-coups de courant
dus à l'énorme transformateur d'alimentation,
ainsi qu'aux grosses valeurs capacitives et inductives des
circuits de filtrage, sont de cette manière
supprimés. Une longévité accrue de
l'ensemble des composants, et plus particulièrement
des diodes de redressement et des condensateurs de filtrage,
est ainsi assurée. De même qu'un plus grand
confort d'utilisation, puisque le "boum"
magnéto-mécanique transmis par le
transformateur au boîtier, est supprimé. Le
fusible secteur d'entrée de l'amplificateur peut
être redimensionné, puisqu'il ne subit plus de
fragilisation de son filament à chaque mise sous
tension, et protéger ainsi totalement
l'appareil.
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Les dessous du LECTRON JH 60 : La très grande rigueur de l'implantation des composants sur le circuit imprimé de modulation (au bas de la photo) montre l'apport de la conception assistée par ordinateur, dont l'usine d'Annecy fait aujourd'hui un usage généralisé. La qualité des circuits imprimés comme des composants, la disposition de l'alimentation et de son transformateur (en haut de la photo), le câblage des nouveaux socles de tubes montés sur contre-platine indépendante et suspendue, ainsi que les entrées cinch disposées à l'opposé du transformateur répondent à une logique, dont le résultat d'écoute est le meilleur garant. |
l'intégration dans un système
haute-fidélité
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