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Le LECTRON DA 60 et ses particularités technologiques:

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Le LECTRON DA 60 innove sur 2 points essentiels:

la création d'un convertisseur particulièrement musical

jusque dans les signaux de très faibles amplitudes,

et son insertion dans un préamplificateur

pourvu de 3 entrées numériques et 4 analogiques.

La section analogique est à tubes triode,

à un seul étage et sans contre-réaction.

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Un convertisseur digital/analogique (D/A) a pour but de traduire les données numériques issues du système de lecture (la diode laser pour un lecteur CD) en grandeur analogique. La forme électrique du signal ainsi créé devra correspondre avec autant de fidélité que possible au signal acoustique capté par les microphones à l'enregistrement.

Le convertisseur D/A est généralement inclus dans le lecteur CD, le tuner numérique ou l'enregistreur DAT. Toutefois l'insertion d'un convertisseur de très haute performance à l'intérieur d'un préamplificateur a l'avantage d'étendre son usage à plusieurs appareils digitaux. La liaison de ces derniers avec le préampli-convertisseur sera donc numérique.

Les normes imposées par le format du compact-disc (16 bits, échantillonnage 44,1 KHz) rendent indispensable l'insertion d'un filtre passe bas, à pente raide, supprimant au mieux tous les signaux supérieurs à 20 KHz. L'opération n'est pas évidente, puisque à la moitié de 44,1KHz, soit 22,05KHz, des bruits d'échantillonnage (numériques ou de quantification) sont générés par le système de digitalisation.

Le manque d'efficacité de ce filtre fera apparaître des "marches d'escaliers", à l'image du violoncelle de gauche ci-dessous, ou à moindre défauts, celui du milieu. Un filtre très raide, mais mal maîtrisé au niveau de sa réponse en phase, provoquera quant à lui des suroscillations sur signal impulsionnel, ainsi que diverses influences sur la qualité des signaux de faible amplitude, ou de fréquences élevées. C'est en étudiant des parades à ces problèmes que sont nées trois grandes familles de convertisseurs D/A : les systèmes multi-bits (16,18,20 ou 24 bits), les systèmes 1 bit ou assimilables à 1 bit, et les systèmes à processeurs numériques "DSP".

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Mais, comme dans toute technologie, l'essai "sur le terrain" est le meilleur garant du choix final. C'est à dire l'écoute en haute-fidélité. A ce titre, le paramètre subjectif de toute première importance est non pas celui du bruit résiduel proprement dit, mais l'incidence de ce dernier sur la dégradation du signal musical. Cette dernière est particulièrement sensible sur les signaux de faible et très faible amplitude.

A courte distance, un grand orchestre symphonique atteint des pointes d'intensité sonore de quelques 110 dB. Le seuil de bruit dans la salle n'étant jamais inférieur à 35 dB, on peut considérer que la dynamique n'excède pratiquement jamais 75 dB. Cependant, la qualité du message musical de faible amplitude, c'est à dire en-dessous de -46 à -60 dB, peut être grandement perturbée par des bruits parasites et de quantification, qui peuvent être modulés par le signal analogique, ou même aller jusqu'à le couvrir totalement.

Un test simple à effectuer consiste à écouter un disque CD pourvu d'un passage musical, par exemple un piano, enregistré à -40 et -60 dB. Avec la commande de volume de l'ampli proche du maximum, l'instrument sera : - soit noyé complètement sous le bruit numérique (cas le plus mauvais),- soit restitué avec beaucoup de distorsions et baigné dans un bruit important (cas intermédiaire),- soit reproduit proprement et accompagné d'un bruit de fond raisonnable de nature erratique ressemblant à un bruit analogique (cas idéal).

Lorsque l'on remet la commande de volume à une position habituelle pour une écoute de CD, on s'apercevra que les bruits cycliques restent parfaitement audibles, alors que les bruits erratiques ne sont plus perceptibles.

Le respect des nuances

On se trompe complètement si l'on pense qu'il s'agit là de conditions extrêmes, donc sans rapport avec la qualité sonore du signal sous un niveau normal: dans les passages pianissimi, où quelques instruments suggèrent un instant confidentiel, ces bruits numériques, de nature cyclique, peuvent enrober ou déformer le message musical au point de le vider de sa substance émotive. Et justement, le respect des silences comme des micro-informations sont des éléments essentiels à la fascination qu'exerce la musique dans ses moments les plus intenses.

Parmi les meilleurs convertisseurs actuels, le test d'écoute décrit ci-dessus met en évidence le LECTRON DA 60 : le bruit de fond enveloppant les signaux enregistrés à très faible niveau y apparaît comme étant de nature essentiellement "analogique", le signal par lui-même conservant toutes ses qualités de timbre et de phrasé.

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Le LECTRON DA 60

Le DA 60 se présente donc comme un préampli avec 4 entrées lignes analogiques, une sortie analogique pour enregistreur, 3 entrées numériques, et une sortie numérique pour DAT.
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En face frontale, on trouve de gauche à droite :

- 1 commutateur de sélection des entrées analogiques, avec 3 entrées lignes et la quatrième position qui le relie à la sortie du convertisseur D/A.

- 1 commutateur à 3 positions pour l'enregistreur analogique, avec successivement la position 0 = mise hors circuit des entrées et sorties de l'enregistreur (afin d'éviter des phénomènes de saturation prématurée qui peuvent se produire par "effet diode", au-delà de 0.6V, lorsque l'enregistreur est relié mais pas sous tension). La position Rec = sortie vers enregistreur branchée, et la position Mon = sortie vers et entrée de l'enregistreur en fonction.

- 1 potentiomètre de volume calibré, aux 2 pistes parfaitement appairées, même en début de course. Il est fait usage ici d'un atténuateur double sur lequel chacune des pistes "trimmée" au laser est mise en contact avec 4 fois 12 curseurs.

- 1 sélecteur d'entrées numériques, dont 2 cinch et une entrée optique au standard Toslink. Les entrées fonctionnent sur les 3 standards 32 KHz, 44.1KHz et 48 KHz, et se commutent automatiquement sur la fréquence d'échantillonnage de la source reliée. Un circuit de "muting", avec délai de 5 secondes, évite les bruits parasites lors d'éventuelles commutations des entrées numériques.

- L'interrupteur secteur avec témoin lumineux.


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Le dos du DA 60 : toutes les prises cinch sont plaquées or 24 carats, et montées sur Teflon

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En face arrière, de gauche à droite :

- L'entrée secteur à prise enfichable, avec fusible intégré.

- Les 3 entrées numériques, dont 1 optique

- Une sortie numérique cinch. Elle est reliée à l'entrée numérique sélectionnée, et transite à travers un étage tampon qui évite des risques éventuels d'interférences avec l'entrée concernée (enregistreur DAT).

- La sortie analogique principale, pour l'amplificateur de puissance.

- Les entrées-sorties pour l'enregistreur analogique.

- Et enfin les 3 entrées analogiques.

Toutes les prises cinch sont plaquées or 24 carats, avec isolant Teflon.

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La carte numérique
avec les 3 circuits intégrés
et les capacités blindées.

Le convertisseur

Les données numériques, issues de l'entrée digitale sélectionnée par une porte logique, sont amplifiées par une succession de portes inverseuses qui redressent ses flancs tout en l'amenant à un niveau TTL, afin d'être exploitées dans de bonnes conditions par l'interface de réception YM 3623B. Cette dernière commence par extraire un signal d'horloge indispensable aux circuits se trouvant en aval. D'autre part, il contrôle les données numériques et compense éventuellement les informations manquantes, grâce à un circuit de détection d'erreur. Il est également chargé de détecter l'emphasis, et de générer une tension qui sert à commander une cellule de déemphasis externe connectée au circuit audio. Enfin, une sortie numérique sur cinch, qui possède sa propre amplification en courant et son isolation galvanique, permettra l'enregistrement en numérique direct, et dans des conditions optimales, sur tout enregistreur DAT.

La modulation bi-phasée arrive ensuite sur un filtre numérique YM 3434, qui possède 3 cellules dites de décimation, chacune suréchantillonnant 2 fois, ce qui donne un suréchantillonnage de 8 fois ( 2 à la puissance 3 ). Ce filtre YM 3434 fonctionne ici sur 18 bits, et les données numériques gauche et droite entrent sur des broches distinctes du convertisseur proprement dit, un Analog Devices 1864.

Ce circuit intégré 18 bits rassemble, dans un seul boîtier, 2 circuits de conversion totalement indépendants, excepté du fait qu'il fonctionnent évidemment tous 2 avec la même synchronisation d'horloge. L'AD 1864 présente un excellent rapport signal/bruit (-108 dB), une quasi absence de glitch et une parfaite stabilité à 8xFS. Il possède notamment 2 sorties en courant, prises directement à la sortie des 2 convertisseurs. La conversion courant/tension s'opère sur les circuits analogiques externes, dépourvus de condensateurs en série sur les sorties, la composante continue étant éliminée par un amplificateur opérationnel LF 353.

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Les alimentations numériques et analogiques sont totalement séparées sur ce circuit. Les condensateurs électrochimiques de très haute qualité sont découplés par des polypropylènes avec un rapport de capacité de un pour mille.

Les circuits numériques, ayant le grand défaut de rayonner, ont été recouverts d'une feuille de cuivre reliée à la masse, ainsi que les 4 condensateurs chimiques de 2200 uF. Grâce à ce blindage, leur influence radioélectrique sur les étages analogiques est fortement diminuée.

Le quartz, qui fonctionne à 20 MHz, est enrobé dans une pâte spéciale, afin d'atténuer les risques de vibrations parasites ou d'origine extérieure nuisant à sa précision, dont on a besoin pour piloter les circuits numériques sans risque de jitter.

Le convertisseur AD 1864 présente en outre l'avantage de posséder 2 réglages d'offset numérique, qui servent à ajuster avec une grande précision la commutation du convertisseur au bit de poids fort. Grâce à ce réglage, effectué sur potentiomètres à 10 tours, les écarts de linéarité, accompagnés de distorsions et de pertes de micro-informations sont parfaitement évités même sur les très petits signaux situés à -60 dB ou moins.

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Les alimentations

Le DA 60 fait usage de 3 transformateurs d'alimentation : un pour la section numérique, un pour la section analogique de la carte numérique, et le troisième pour la section à tube de l'étage préamplificateur. Entre la section analogique de la carte numérique et l'étage à tube, il y a 13 alimentations stabilisées, dont une de 430 V pour les tubes ECC 83, série spéciale à grille-cadre, genre ECC 803S.

L'étage analogique de la carte numérique utilise à lui seul 11 régulateurs de tension. Il se compose d'amplificateurs opérationnels double PMI OP44, présentant un slew-rate de 120V/us et qui possèdent chacun sa propre alimentation symétrique régulée. Ce montage est caractérisé par sa structure semi-passive, incluant des selfs, des condensateurs au polypropylène et des résistances à couche métallique.

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La section analogique à tubes au premier plan, avec le circuit de régulation 430 V
au centre. A l'arrière plan, derrière le blindage, les circuits digitaux de haute volée.

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L'étage analogique à tubes

La section analogique à tubes, de grande simplicité, prend pour base le préamplificateur PA 50 : un unique étage sans contre-réaction, circuit de filaments de chauffage redressé et filtré, ainsi que les renvois mécaniques traversant le chassis et plaçant les sélecteurs près des entrées et sorties.

Un blindage sépare la section à tubes de la carte numérique. Les 2 demi triodes de chaque canal sont ici réunies en parallèle afin d'abaisser l'impédance de sortie, de même le potentiomètre de volume de très haut-de-gamme, ainsi qu'un nouveau type d'alimentation stabilisée rapide, déjà utilisé sur le JH 60, permettent de résumer les améliorations analogiques apportées au DA 60 par rapport au PA 50.

Comme pour la carte numérique, une grande attention à été portée aux choix des composants actifs et passifs. L'ensemble ainsi optimisé démontre qu'à partir d'un procédé de conversion classique, mais bien étudié, on peut obtenir des performances spectaculaires, sans avoir recours à des circuits coûteux, du genre DSP.

Ce convertisseur de haute volée, couplé à la section analogique à tube à un seul étage sans contre-réaction, concrétise le rassemblement, pratiquement sans compromis, de 2 technologies si différentes que sont le numérique et l'analogique.

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l'intégration dans un système
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haute-fidélité
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